Mon histoire commence il y à 19 ans. A cette époque j'étais déjà âgé de 8 ans et mon plus grand rêve était de devenir un samouraï impérial afin de faire partit de cette élite qui protégeait l'empereur de mon pays. Mais mon père était un démérien et à Hù-Béï cela suffit pour faire de vous un criminel. Mais nous n'étions que des paysans et même si notre exploitation était suffisamment vaste pour nous obliger d'employer quatre ouvriers agricoles, nous ne vivions guère dans le luxe. Je me rappel que à l'époque déjà, je m'entraînais à être samouraïs sous couvert d'aider mon père. Lorsqu'il me demandait d'aider à la défriche, j'attrapais un long bâton et allait frapper les hautes herbes comme un samouraïs frapperait ces adversaires lors d'un épique combat.
C'était alors pour moi la traverser de champ en friches se transformaient en grandes aventures ou terribles batailles, un bâton en main et parfois accompagné par les fiers compagnons que faisaient les enfants des ouvriers qui travaillaient sur notre exploitation. Ensemble nous avions vaincu tout les périls et protéger mainte-fois notre bien aimer empereur qui s'avançait vers une mort certaine. Mais un jour, se fût l'un des véritables protecteurs de l'empereur qui amena notre fin.
Mon père fût accusé d'être un espion démérien et de faire des rapports au roi alors que la seule chose qu'il avait jamais envoyée en Déméria, n'était nul autre que du riz. Il fût alors arrêté et notre exploitation brûlée. Je ne sût jamais ce qu'il advînt de lui mais je suppose qu'on l'exécuta. Tout ce qui me restât de lui était un couteau de manufacture démérienne. Quatre ans après que mon père, je n'étais guère plus qu'un vagabond. Ma mère m'avait abandonnée, contrainte de fuir par les habitants qui n'avaient tolérés son mariage avec mon père, uniquement car ce dernier donnait du travail a quatre hommes et nourrissait ainsi leurs familles.
Alors que jusque là, ma mère et moi avions réussi à survivre, moi en vendant des fruits ramassés en forêt et elle en "travaillant en ville", je me retrouvais dans la misère la plus totale. Je réalisais que les quelques sous que je gagnais au marché ne suffisait pas à ma subsistance. Malgré le risque de mes faire couper les mains, je commençais alors a commettre des petits larcin, découpant les lacets des bourses avec le couteau de mon père et parcourant de mes jeunes mains, les poches trop larges.
Mais un jour, je fus pris en flagrant délit alors que je tentais de discrètement délester une dame de sa bague. Celui qui m'attrapa était en fait le Daymo d'un clan mineur de samouraï, Ataka Okurayami. Je me débattis avec toute la vigueur que mon jeune corps affamé pouvait offrir et tentait même de le défier en duel pour essayer regagner ma liberté et sauver mes mains. J'avais en fait l'intention de m'enfuir tandis qu'il dégainerait mais il n'en fit rien.
Alors qu'il me tenait à plus d'un mètre au-dessus du sol par le col de mon vêtement crasseux et que je revendiquais le droit de combattre pour sauvegarder mon honneur, il m'asséna une violente gifle avant de me laisser m'écraser sur le sol. Me regardant de haut, de la colère brillant dans on regard, il me déclara que je devais être un bien grand samouraï pour lui parler d'honneur alors que je tentais de voler son épouse. Ce à quoi je répliquais que je n'étais peut-être pas samouraï mais que si on m'en donnait l'occasion, je saurais devenir un samouraï au bushido si honorable que même l'empereur connaîtra mon nom.
Alors il m'en donna l'occasion. Ataka Okurayami me confia au maître de l'école de Kendo Okima, lieu d'apprentissage pour les futurs samouraïs du loup. Je me souviens de l'excitation éprouvée à l'époque. Je voyais mes rêves de petit garçon se rapprocher d'un grand bon et même si ce n'était pas un clan très connu, son daymo en personne m'avait défié d'être à la hauteur des mes paroles. Je travaillais alors sans relâche, suivant à la lettre les instructions de mon maître et m'entraînant souvent après les heures de cours.
Ce n'était pas une vie facile. Les autres élèves, même si ils ne me maltraitaient pas, ne m'appréciaient guère et sans famille ni ami, je souffrais de la solitude. De plus, toute ces années passées dans la misère n'avait pas aidées mon corps à ce développer, j'étais physiquement plus faible que mes camarades et était très souvent vaincus lors des duels d'entraînements, être battu par moi était d'ailleurs devenu synonyme de honte. Mais je ne pouvais abandonner. Ce clan était tout ce que j'avais. Grâce à lui, j'avais un toit, je mangeais à ma faim et on m'instruisais intellectuellement et physiquement. Des choses que bien des jeunes de mon âge à travers le monde n'avaient pas.
Finalement, je traversais cette période terrible que fût pour moi l'adolescence et j'étais finalement devenu un disciple respecté. Ma volonté m'avait menée plus loin que ce que j'avais pût croire réalisable pour un fils de fermier. En persistant sur la voie de l'honneur et de l'effort, j'avais finalement réussi à vaincre un a un tout mes rivaux, transformant la honte de se faire battre par Ryûseï en "honneur d'avoir pût me mesurer à toi.".
J'avais alors 19 ans.
A mon vingtième hiver, une cérémonie fût organisée durant laquelle nous avons honoré la mémoire des ancêtres du clan, priés les kamis et où nous autres disciple de l'école Okima devenions officiellement des samouraïs. Le moment était donc venus pour certains de rejoindre leurs familles où leurs père leurs transmettrait leurs nom et leurs confierai l'honneur de la famille. Mais je n'étais qu'un orphelin et c'est pourquoi je demandais la permission à mon daymo de porter son nom et celui du clan. Je lui demandais, moi insignifiant et jeune samouraï, d'avoir l'immense honneur de porter le nom du clan
A mon vingt-deuxième hiver, j'étais Okurayami Ryûseï, fils du clan Okurayami.
Depuis deux ans déjà je portais ce nom et la vie semblait enfin me sourire à nouveau. Bien que je soit mal vu par certaines familles du clan de par mon sang démérien, la plupart me respectait pour ma maîtrise du sabre et mon honneur sans faille. Autour de moi s'était rassembler certains samouraïs plus jeunes avec qui je patrouillais à travers le territoire du clan. Je les appréciais sincèrement et je pense qu'ils avaient une certaines admiration pour moi qui m'étais élevé au-delà de ma condition de voleur de rue à celle de samouraï. Parmi eux, je me trouvais un ami fidèle en la personne de Jÿiro. Avec lui je vivais bien des aventures et elles étaient plus dangereuses et palpitante que celles que j'inventais dans les champs en friche. A cette époque j'arrêtais beaucoup de criminel et ne tuais que rarement, ayant plus souvent l'occasion de désarmer mon adversaire mais il arrivait que ce dernier se suicide plutôt que de faire face à la justice.
Mais un jour, nous enquêtions sur la disparition d'un groupe d'enfants dans une forêt limitrophe du territoire du clan du corbeau lorsque nous fûmes attaquer par des créatures hideuses et massives. Moi et Jÿrio avons alors dégainés nos sabres et fait de nombreux mort parmi les monstres mais nous fûmes finalement assommés et emmener dans une pièce obscure où je fus le seul à m'éveiller. Une sombre créature, toute enveloppée de ténèbres se présenta à moi comme "L'Ombre" et me raconta de quel façon il avait tenter de réaliser un rituel sur Jÿrio et comme ce dernier en était mort.
Je versais alors des larmes de tristesse et de colère mais je ne pus empêcher l'Ombre de tenter à nouveau son rituel sur moi. De ce rituel je garde un tatouage sur chaque bras. L'un représentait un loup endormit, l'autre la même bête mais éveillée et montrant les crocs. Je devins alors le sbire de l'Ombre. Comme possédé par les tatouages, chaque fois que mon esprit tentait de se lever contre la barrière qui le bridait et me rendait incapable de désobéir, j'avais comme la sensation d'être déchiqueté, mis en pièce par ce loup sur mon bras gauche.
Sous cet esclavage mentale, je commis de terribles exactions et mon honneur fût souillé. Mais chaque jour, ma volonté ce renforçait. Chaque jour je me révoltais contre les actes que mon bras commettait. Chaque jours je souffrais mais chaque jour je jubilais aussi. Oui car chaque jour, je sentais que le loup vacillait un peu plus. Finalement, un jour vînt où comme a chaque fois, j'allais affronter mentalement le loup et où au lieu que le combat soit mental, j'eus la sensation d'être dans un champs. Le champs en friche de mon père en faite. Je pouvais même voir la ferme avec la fumée qui s'échappait de la cheminée et les ouvriers qui travaillaient dans le champ voisin.
C'est alors que je le vis. Le loup. Mais il n'était pas loup alors. Il était humanoïde.
Je ne voyais pas ses traits, dissimulés par son armure et son casque mais je savais que c'était lui. Ça ne pouvait être que lui. Alors il m'expliqua qu'il en avait assez de devoir me combattre. Maintenant nous allions nous affronter face à face, sabre en main et que le vainqueur tuerait l'autre. Mais celui qui vivrait souffrirait éternellement marqué à jamais par celui qui mourrait. Je n'avais pas le choix mais cela me convenais parfaitement. Je pourrais à nouveau vivre honorablement si je le tuais, peu m'importais la douleur si j'étais à nouveau libre et digne de l'honneur de mon clan.
Notre combat dura un temps qui me sembla être des jours sans jamais que le paysages ne change autour de nous. Seules les hautes herbes tranchées par nos coups de sabres semblaient être affectées par notre présence. Mais finalement, je finissais par trouver la faille, mon katana s'engouffra à l'intérieur et la lame traversa armure et chair, sa pointe apparaissant dans le dos du loup. Alors je retirai mon sabre et avant qu'il ne se recule, je l'achevais d'un seul coup, le décapitant net.
Soulagé, comme débarrassé d'un poids trop longtemps porté. Je pris le temps de reprendre mon souffle et d'essuyer mon sabre dans les hautes herbes. Mais alors que je me retournais vers le cadavre de mon adversaire, je le retrouvais debout, sans tête. J'allais dégainer à nouveau lorsqu'il m'empoigna fermement les deux bras et dans un dernier spasme il disparût en une gerbe de flamme, seule une odeur de poils brulés restant de lui. Je réapparût alors près du fleuve Ming-Chè, épuisé, les bras brûlants.
J'avais passé quatre ans de ma vie sous la coupe de l'ombre.
Mes bras avaient changés. Depuis quatre ans, je connaissais mon bras gauche avec un loup agressif et mon bras droit avec un loup endormi. A présent, le loup endormi était sur mon bras gauche et le loup montrant les crocs sur le bras droit. Était-ce le symbole de ma liberté ? Je l'ignorais. Mais je retournais auprès de l'ombre. Ces quatre années pendant lesquelles j'avais combattu de ma main gauche, sans m'avoir fait ambidextre, m'avait rendu très habile. Bien plus que la première fois où j'avais rencontré ses sbires. Cette fois-ci je les tuais tous. Cette fois j'arrivais devant l'ombre et la tuait. Ou du moins je le pense. Il ne restât de lui qu'une sphère de ténèbres fumants qui finit par se consumer totalement.
Durant l'année qui suivit, j'appris que mon clan détruit et aussi que j'étais recherché pour avoir tuer un grand nombre de samouraïs dont une majorité venant de mon propre clan. Alors je fus contraint de fuir. Dans ma cavale, je rencontrais même un sage Buggïns avec qui je partageai mon malheur et qui m'enseigna la méditation afin de calmer mes humeurs et la douleur ainsi que les arts martiaux pour pouvoir me défendre même sans sabre. Il m'apprit d'ailleurs que en moi sommeillait un chi qu'il n'avait jamais vu. Un chi qu'il qualifiait d'agressif. Alors que habituellement cette énergie est neutre, chez moi, elle semblait conçue pour faire le mal. J'en déduisais que ce n'était nul autre que le résultats du rituel de l'ombre.
Mais mon ami buggïns finit par être tué et je fus à nouveau seul. Dernier héritier de deux cultures d'honneur et pourtant opposées, je suis le seul à connaître les secrets du style martial du loup ainsi que le style de combat au sabre de l'école Okima. Alliant les deux ainsi que ma faible maîtrise du chi, je parviens à survivre. Je suis Ryûseï Okima, le loup de Ming-chè. Tel est mon nom de criminel recherché, tel est mon nom de ronin.